Les graves violations des droits humains continuent sans relâche en Algérie et au Maroc, où de nombreuses lois sont loin d’être conformes aux normes internationales, a déclaré Amnesty International jeudi 6 avril, à l’issue de l’Examen périodique universel (EPU) des deux pays par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies lors de sa 52e session.
À la veille de l’audience qui se tiendra le 22 septembre au tribunal de Rabat dans l’affaire concernant le défenseur des droits humains Rida Benotmane, poursuivi pour avoir critiqué les autorités sur YouTube et Facebook, Amna Guellali, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International, a déclaré :
Les autorités marocaines ont durci le harcèlement visant les défenseur·e·s et les militant·e·s des droits humains au cours des deux derniers mois : au moins quatre d’entre eux font l’objet d’informations judiciaires et de poursuites pénales liées à des publications sur les réseaux sociaux critiques à l’égard des autorités, a déclaré Amnesty International le 7 avril 2022.
Un poète slameur emprisonné au Myanmar, un travailleur d’une ONG arrêté au Burundi, des manifestant·e·s d’une marche des fiertés détenus en Turquie, un jeune de 16 ans condamné à mort au Nigeria. Toutes ces personnes ont subi de terribles injustices, et toutes sont désormais libres : elles représentent quelques-unes des centaines de vies que la campagne Écrire pour les droits a changées.
Les autorités marocaines doivent immédiatement abandonner les charges retenues contre 33 enseignant·e·s qui ont été arrêtés de façon arbitraire pour avoir participé à des manifestations pacifiques réclamant de meilleures conditions de travail, a déclaré Amnesty International en amont de l’audience qui doit se tenir à Rabat le 20 mai.
La pandémie mondiale a révélé toute l’ampleur du terrible bilan des politiques délibérément créatrices de divisions et destructrices qui perpétuent les inégalités, la discrimination et l’oppression, et qui ont préparé le terrain pour les dévastations causées par le COVID-19 à travers le monde, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, souligne Amnesty International dans son rapport annuel rendu public le 7 avril.
Les autorités marocaines doivent libérer immédiatement et sans condition le défenseur des droits humains Maati Monjib et abandonner toutes les accusations portées contre lui, y compris celles qui découlent d’un précédent procès en cours depuis 2015, en relation avec son travail sur la liberté d’expression, a déclaré Amnesty International le 27 janvier 2021. Après des années de surveillance numérique illégale et de harcèlement judiciaire, Maati Monjib a été arrêté le 29 décembre et sa prochaine audience devant un juge d’instruction est fixée au 27 janvier.
Les attaques des autorités marocaines visant à saper la crédibilité d’Amnesty International et la campagne de diffamation orchestrée contre le bureau d’Amnesty au Maroc, qui se trouve à Rabat, montrent que le gouvernement ne tolère plus que l’on surveille et que l’on critique de façon pourtant légitime son bilan en matière de droits humains, a déclaré Amnesty International le 4 juillet.
Les autorités marocaines doivent cesser d’exploiter les lacunes de la législation relative à l’état d’urgence sanitaire à dessein de poursuivre en justice des militant·e·s des droits humains, des journalistes citoyens et d’autres personnes parce qu’ils ont critiqué de façon pacifique la gestion de la crise du COVID-19 par le gouvernement, a déclaré Amnesty International mardi 9 juin.
Le 27 avril, un tribunal marocain ordonnait l’arrestation et la poursuite en justice du défenseur des droits humains Omar Naji, citant l’article 447-2 du code pénal qui punit quiconque répand de « fausses allégations ou des faits mensongers » dans le but de « porter atteinte à la vie privée ou de les diffamer » avec une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans et une amende d’un maximum de 20 000 dirhams (environ 2 000 $ US).
Les autorités marocaines doivent libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes emprisonnées uniquement pour avoir manifesté ou exprimé pacifiquement leurs opinions, dont des dizaines de manifestant·e·s du mouvement du Hirak du Rif, de rappeurs, de blogueurs et de journalistes, a déclaré Amnesty International le 6 avril 2020 alors que les craintes grandissent face à la propagation du COVID-19 dans les prisons.