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  • Malgré quelques revers, le monde est « en train de gagner » la bataille contre la peine de mort

    Le secrétaire général par intérim d’Amnesty International, Claudio Cordone, a salué les efforts menés récemment à l’échelle internationale pour mettre fin à la peine capitale, tout en rappelant qu’il restait du travail à faire pour atteindre l’objectif d’une abolition totale de ce châtiment. Claudio Cordone a déclaré aux délégués assistant à un sommet contre la peine de mort à Genève que les militants étaient « en train de gagner » la lutte contre ce châtiment. « Le jour approche où la peine capitale aura disparu partout dans le monde. Nous devons poursuivre nos efforts pour que ce châtiment devienne, comme l’apartheid, l’esclavage et la torture, une incongruité dans l’histoire de l’humanité », a dit Claudio Cordone mercredi 24 février aux membres du 4e Congrès mondial contre la peine de mort. En 2009, fait exceptionnel, il n’y a pas eu d’exécution judiciaire en Europe. Le Burundi et le Togo sont devenus le 94e et le 95e pays du monde à éliminer complètement les homicides d’État de leur législation, tandis que plusieurs nations réduisaient – ou interrompaient – les exécutions. Parmi ces nations figurait le Pakistan, qui n’a procédé à aucune exécution en 2009 alors que 36 exécutions judiciaires au moins avaient eu lieu dans ce pays l’année précédente. Parmi les autres pays n’ayant exécuté personne en 2009 figurent l’Algérie, Bahreïn, l’Inde, l’Indonésie, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Mongolie et la Tunisie. Ce progrès, cependant, a été assombri par le recours aux exécutions pour des motifs politiques en Iran. L’Arabie saoudite et la Chine ont continué de procéder fréquemment à des exécutions, et l’Arabie saoudite et l’Iran ont poursuivi les exécutions de mineurs délinquants. « Nous ne savons pas avec précision combien de milliers de personnes sont exécutées en Chine, ces données constituant toujours un secret d’État honteux, a déclaré Claudio Cordone. Pendant ce temps, on assiste encore aux États-Unis à des épisodes grotesques comme cette exécution bâclée d’un condamné qui après deux heures de tentatives infructueuses obtient un sursis et attend maintenant qu’une nouvelle date soit fixée pour son exécution. « Ces pays qui persistent à conserver un châtiment aussi indécent s’isolent progressivement du reste de la communauté internationale, formant un noyau dur que nous devons défier avec toujours plus d’assurance, a conclu Claudio Cordone, en se félicitant de la coopération entre la société civile, les gouvernements et les organisations intergouvernementales dans la lutte menée pour débarrasser le monde de la peine de mort. Plus de 1 900 militants originaires de plus d’une centaine de pays étaient attendus au 4e Congrès mondial contre la peine de mort réuni à Genève les 24, 25 et 26 février.

  • Détentions secrètes par la CIA

    Au moins 39 hommes qui sont toujours portés disparus semblent avoir été victimes de disparition forcée de la part des autorités américaines. Par ailleurs, les épouses et les enfants d’autres hommes détenus clandestinement par la Central Intelligence Agency (CIA, Services de renseignement des États-Unis) ont été arrêtés et interrogés, soit en tant que sources d’information potentielles, soit dans le but de capturer leur mari ou père. Basé sur les recherches effectuées par six grandes organisations de défense des droits humains – Cageprisoners, le Center for Constitutional Rights, le Center for Human Rights and Global Justice de la faculté de droit de l’université de New York, Human Rights Watch et Reprieve –, le rapport Off the Record fournit les informations les plus complètes à ce jour en ce qui concerne l’arrestation et la détention de ces 39 personnes, et notamment de quatre détenus portés disparus dont l’identité est révélée ici pour la première fois. La liste complète comporte les noms de ressortissants de pays comme le Maroc, la Libye, l’Égypte, le Pakistan, le Kenya et l’Espagne. Ces personnes ont été arrêtées par exemple au Pakistan, en Irak, en Iran, en Somalie et au Soudan, puis transférées dans des sites secrets dirigés par le gouvernement des États-Unis. Dans de nombreux cas, on ignore totalement ce que sont devenus les détenus et où ils se trouvent. Dans d’autres cas, des articles de presse, des recherches ou des enquêtes ont permis d’échafauder certaines hypothèses. Dans tous les cas, le silence du gouvernement des États-Unis laisse planer une grave incertitude. Les autorités américaines doivent mettre fin aux détentions secrètes, révéler le sort de toutes les personnes détenues clandestinement et autoriser ces dernières à entrer en contact avec leur famille et à avoir accès à une procédure judiciaire adéquate. Les États-Unis ont le devoir d’arrêter et de juger les criminels, mais ils doivent le faire en respectant les droits humains et l’état de droit.