Depuis que le président Kaïs Saïed s’est accaparé le pouvoir après la suspension du Parlement en juillet 2021, puis sa dissolution en mars 2022, les autorités tunisiennes mènent une campagne de répression soutenue contre l’opposition politique. Le parti Ennahda , l’une des plus grandes formations politiques du pays et le parti majoritaire au Parlement à l’issue des élections législatives de 2019, compte parmi les plus touchés par cette tendance.
À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparition forcée, nous – familles de personnes portées disparues et soumises à des disparitions forcées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, aux côtés d’associations et d’organisations des droits humains œuvrant à mettre fin au crime de disparition forcée – donnons de nouveau l’alerte face au fléau de cette pratique dans notre région.
Alors que l’appel de Sihem Bensedrine est examiné par la Cour d’appel, nous, organisations soussignées, exprimons notre profonde préoccupation face au jugement rendu contre l’éminente défenseure des droits humains et ancienne Présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), la condamnant à vingt-cinq ans de prison dans le cadre de deux affaires directement liées à son travail en tant que Présidente de l’Instance Vérité et Dignité et à la préparation de son rapport final.
Trois ans après la signature du protocole d’accord (MoU) entre l’Union européenne (UE) et la Tunisie, cet accord n’a pas seulement échoué à garantir le respect des droits des réfugié·e·s et des migrant·e·s : il a contribué à alimenter et à normaliser de graves violations des droits humains, tout en affaiblissant la capacité de l’Union européenne à répondre à la détérioration de la situation des droits humains dans le pays.