L’édition 2021 d’Écrire pour les droits, la campagne d’Amnesty International au succès inégalé, démarre aujourd’hui, vendredi 19 novembre, et marque les 20 ans de cette initiative mondiale d’envoi de lettres. En effet, depuis 2001, Amnesty International a recueilli des millions de messages de soutien adressés à des personnes injustement incarcérées ou persécutées, et Écrire pour les droits est devenu le plus grand événement mondial en faveur des droits humains.Cette année, Amnesty International réclame justice pour 10 nouvelles personnes et groupes qui font preuve de courage, dont une journaliste citoyenne incarcérée en Chine pour avoir publié des informations sur la pandémie de COVID-19, un défenseur de l’environnement emprisonné au Guatemala pour avoir fait campagne contre la destruction de l’un des fleuves sacrés de son pays, une adolescente reporter vivant en Cisjordanie occupée et une Mexicaine qui défend les droits des femmes et a survécu à une fusillade de la police.

« Chaque année, Écrire pour les droits offre un lien vital à des personnes dans le monde dont les droits fondamentaux sont piétinés, au seul motif qu’elles se sont mobilisées pour leurs convictions. Elles dénoncent l’inégalité, la discrimination, la répression politique et font campagne pour protéger tous nos droits, que ce soit pour la justice environnementale ou contre la peine de mort. La campagne Écrire pour les droits illustre parfaitement le combat d’Amnesty International : des personnes originaires du monde entier s’exprimant d’une même voix, faisant preuve de solidarité internationale pour dénoncer l’injustice, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Ils ont besoin de vous, rejoignez-les, en envoyant un tweet, en signant une pétition ou en adressant une lettre aux détenteurs de l’autorité. Un tout petit acte peut parfois faire une grande différence. Depuis 20 ans, la campagne Écrire pour les droits démontre que les mots ont vraiment du poids. »

Depuis 20 ans, la campagne Écrire pour les droits démontre que les mots ont vraiment du poids

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

Chaque année, en décembre, des personnes du monde entier écrivent des millions de lettres, courriels, tweets, messages sur Facebook et cartes postales pour soutenir celles et ceux dont les droits humains sont piétinés. Ces sympathisant·e·s ont contribué à transformer la vie de plus d’une centaine de personnes depuis 2001, les libérant ainsi de la torture, du harcèlement ou d’une incarcération injuste.

Parmi les cas présentés cette année figure celui de Janna Jihad, 15 ans, qui a grandi dans le petit village palestinien de Nabi Saleh. En 2009, alors que Janna avait trois ans, son village a commencé à manifester chaque semaine, pacifiquement, contre l’occupation et s’est heurté à la violence des forces israéliennes. Lorsque Janna a eu sept ans, elle a commencé à se servir du téléphone de sa mère pour enregistrer ce que vivait sa communauté, ce qui lui a valu d’être reconnue comme l’une des plus jeunes reporters des droits humains.

Janna reçoit des menaces de mort et d’intimidation en raison de son travail, mais cela n’entame pas sa détermination à continuer de prendre la parole. Elle a déclaré :

« J’ai grandi dans une famille de militant·e·s, bercée par les histoires de ma grand-mère et de mon grand-père, écoutant mes oncles parler de leur arrestation, apprenant tant de choses sur la résistance, cela m’a inspirée et convaincue de ne pas me taire. Se taire dans de telles situations est impossible. Pourquoi rester silencieuse si je veux changer la réalité de ce que nous traversons et continuons d’endurer ? »

Amnesty International demande à ses sympathisant·e·s d’écrire des lettres pour demander une protection pour Janna.

Amnesty International réclame justice pour :

  • Mikita Zalatarou, qui avait tout juste 16 ans lorsqu’il a été arrêté parmi de nombreux manifestants qui quittaient un rassemblement au Bélarus. Il a été détenu à l’isolement et aurait été torturé pendant cette période.
  • Wendy Galarza, qui s’est fait tirer dessus après avoir participé à une manifestation organisée pour réclamer justice pour une femme assassinée à Cancún, au Mexique.
  • Bernardo Caal Xol, emprisonné au Guatemala pour avoir fait campagne contre la destruction du fleuve Cahabón.
  • La journaliste citoyenne Zhang Zhan, incarcérée en Chine pour son travail sur l’épidémie de COVID-19 à Wuhan.
  • Panusaya (« Rung ») Sithijirawattanakul, une militante de 22 ans qui risque la détention à perpétuité parce qu’elle prône la liberté et la démocratie en Thaïlande.
  • Imoleayo Adeyeun Michael, qui risque la prison pour avoir pris part au mouvement #EndSARs au Nigeria.
  • Anna Charyhina et Vira Tchernyhina, qui dirigent une organisation de défense des droits des LGBTI en Ukraine. Anna et Vira ont été agressées et ont subi des violences, et les autorités ne les ont pas protégées.
  • Mohamed Baker, avocat emprisonné en Égypte, qui consacre sa vie à protéger les droits fondamentaux d’autrui.
  • Ciham Ali, originaire d’Érythrée, qui a disparu depuis plus de huit ans. Lorsqu’elle avait 15 ans, elle a été arrêtée par les autorités érythréennes alors qu’elle tentait de quitter le pays et personne ne l’a revue depuis.

Écrire pour les droits a débuté il y a 20 ans à Varsovie, en Pologne, lorsqu’un groupe d’amis a décidé de célébrer la Journée des droits de l’homme (le 10 décembre) en organisant un marathon des lettres de 24 heures. Des 2 326 lettres rédigées en 2001 aux 4,5 millions de lettres, tweets et signatures de pétitions obtenus en 2020, Écrire pour les droits est devenue la plus grande campagne de protection des droits humains au monde.

C’est une initiative qui porte vraiment ses fruits, comme peut en attester Jani Silva, défenseure colombienne de l’environnement. La courageuse opposition de Jani à la pollution environnementale et aux atteintes aux droits humains lui a valu d’être harcelée, intimidée et menacée de mort. En 2020, plus de 400 000 personnes sont passées à l’action dans le cadre d’Écrire pour les droits et ont réclamé qu’elle bénéficie d’une protection.

Jani Silva a déclaré :

« Je suis tellement reconnaissante pour les lettres. Du fond du cœur, je peux dire que cette campagne m’a permis de rester en vie. C’est ce qui les a empêchés de me tuer, parce qu’ils savent que vous êtes là. »